Massimo Introvigne, bibliographie, article
Il enseigne les secrets de la Kundalini pour éviter le piège du ‘tantrisme sexuel’.
Cependant, les enseignements tantriques de base sur la Shakti et la Kundalini ont été enseignés dès le début. Simplement, le mot « tantrisme » n’y était pas. La raison immédiate en est que le « tantrisme » évoque aujourd’hui auprès du grand public des enseignements sur la façon d’améliorer sa sexualité en suivant des cours de week-end à prix élevé. Loup Blanc insiste dans ses notes de 2020 pour un livre non publié (et inachevé) sur le tantrisme que :
Il n’est pas comme Celles/Ceux qui font du Tantra une activité lucrative… Et pourtant c’est à la mode : Reiki-Tantra, Stage de Tantra, Chamanisme Tantrique… Juste pour attirer les clients qui cherchent une relation amoureuse ou une rencontre autre (Loup Blanc 2020, 14).
Par contre, Loup Blanc confirme dans le même texte que, sans utiliser le mot « Tantra », il a toujours donné à ses élèves un enseignement tantrique :
Ce n’est pas parce que vous ne le savez pas ou vous ne le voyez pas qu’Il ne l’a pas enseigné.
En fait, Il l’enseigne à chaque Initiation, car toutes les pratiques qu’Il donne sont Tantriques !… tout est Tantrique, toutes les pratiques qu’Il donne le sont (Loup Blanc 2020, 10-1).
Conformément à la littérature académique sur le sujet, Loup Blanc insiste sur le fait que les enseignements tantriques ne concernent pas uniquement, ni même majoritairement, la sexualité :
C’est une aberration de le placer qu’au niveau sexuel, car le Tantrisme est bien plus vaste que ça ! Limiter le Tantra à la relation sexuelle ou au couple montre que l’on n’a rien compris (Loup Blanc 2020, 14 ).
Le chercheur qui souhaite étudier le groupe de Loup Blanc est ici confronté à un dilemme. Pour comprendre les controverses et les accusations contre Loup Blanc, il est indispensable d’explorer le travail tantrique qu’il a effectué avec un petit groupe d’une vingtaine de femmes. Or, ce faisant, le chercheur est amené à consacrer à ce travail une place disproportionnée par rapport à son rôle réel dans le groupe, au risque de donner la fausse impression que les enseignements sur la sexualité aient une position centrale dans la voie proposée par Loup Blanc. Cela n’a jamais été le cas. L’analyse approfondie du travail sexuel tantrique qui suit a été rendue nécessaire par les controverses actuelles, mais le lecteur doit toujours se rappeler que son rôle n’a jamais été central parmi les multiples enseignements de Loup Blanc.
Il ne concernait qu’un nombre limité de femmes, et la plupart des élèves n’en ont jamais entendu parler. Toutes les femmes concernées étaient célibataires. Leurs expériences sont allées d’une seule session à vingt ans de travail tantrique régulier avec Loup Blanc dans le cas de mon interviewée Danièle.
Aucune femme n’était vierge lorsqu’elle a commencé ce travail spécifique.
Mes entretiens ont montré que l’utilisation limitée du mot « tantrisme » par Loup Blanc n’est pas une simple stratégie, puisque son discours sur la sexualité n’a pas le Tantra comme source unique.
